Pour atteindre un besoin de chaleur très faible, une maison passive profite au maximum de la chaleur gratuite, tout en limitant au maximum les pertes de chaleur.

Ces principes sont assez simples, mais  ils doivent être appliqués dans les moindres détails.

Pour atteindre un besoin de chaleur très faible, une maison passive profite au maximum de la chaleur gratuite (le soleil et les apports internes), tout en limitant au maximum les pertes de chaleur (à travers les parois, les fenêtres, ou par les flux d’air). Il existe donc pour chaque projet une multitude de possibilités pour arriver au résultat.

 

L’étude thermique consiste à quantifier chacun de ces flux de chaleur, afin de définir ce qui devra être fourni par un moyen de chauffage. Une maison passive n’est donc pas une maison sans chauffage, mais celui-ci sera tellement faible (de l’ordre de 10 W/m²) qu’il n’y aura plus besoin d’un radiateur par pièce comme on le voit en construction traditionnelle.

A titre d’exemple : Pour une maison individuelle de 200 m², il sera de l’ordre de 2kW… C’est la puissance d’un fer à repasser !

Les pertes par conduction sont de trois ordres :

  • Les pertes à travers les parois isolées

  • Les pertes à travers les fenêtres

  • Les ponts thermiques

 

Toutes les parois seront isolées avec des épaisseurs d’isolant bien plus importantes que dans un projet classique. Il n’est pas rare d’avoir 30 à 40 cm d’isolant dans une maison passive.

 

N’importe quel isolant peut être utilisé, mais l’épaisseur d’isolant nécessaire dépendra directement ses caractéristiques thermiques. Il faudra par exemple une épaisseur de paille deux fois plus importante que celle nécessaire avec du polyuréthane pour arriver à la même résistance thermique.

 

Les fenêtres d’une maison passive sont toujours très performantes : presque toujours en triple vitrage, avec des montants isolés. Même avec ce type de menuiserie, les fenêtres représentent un point faible par rapport à une paroi isolée et les pertes de chaleur à travers les fenêtres peut représenter 50% des pertes de chaleur d’un projet !

 

Les ponts thermiques sont tous les points particuliers de la construction (jonction entre deux parois, façon dont les fenêtres sont posées, etc.). Il ne sert à rien d’isoler de façon si conséquente un projet si les détails ne sont pas soignés ! Les ponts thermiques peuvent avoir un impact déterminant sur le résultat global.

Une maison passive est très étanche à l’air. Cette étanchéité à l’air est nécessaire pour limiter au maximum les infiltrations d’air froid dès qu’il y a un peu de vent.

 

Une vérification du niveau d’étanchéité à l’air est  désormais également demandé par la réglementation française (La RT2012) pour les logements, mais le niveau visé pour une Maison Passive est environ 4 fois plus exigeant que le minimum légal. Ceci nécessite de regarder les points de détail avec attention pendant la conception et un soin particulier pendant le chantier.

 

Cette étanchéité à l’air nécessite un bon système de ventilation pour assurer la qualité de l’air à l’intérieur du bâtiment. Dans une Maison Passive,  cette ventilation est assurée par une ventilation double flux : l’air extrait réchauffe l’air entrant pour limiter les pertes de chaleur sans réduire la ventilation et nuire à la qualité de l’air.

On entend souvent parler de conception bioclimatique pour les projets performants. Ce terme englobe l’ensemble des dispositions prises pour tirer le meilleur parti de l’environnement naturel du bâtiment. Les deux paramètres ayant le plus d’impact sur le résultat sont :

  • La compacité

 

C’est la proportion de surfaces sources de pertes de chaleur (en contact avec le sol, l’extérieur ou un local non chauffé) par rapport à la surface habitable. Moins le projet est compact, plus il faudra compenser les pertes de chaleur associées, par exemple en jouant sur les épaisseur d’isolant.
 

  • L'orientation

 

Les fenêtres sont toujours un point faible de l’enveloppe. Mais nous en avons besoin pour faire rentrer la lumière… et le soleil ! Les apports solaires varient très fortement en fonction de l’orientation des fenêtres et de la quantité de surfaces vitrées.

 

En hiver :

-Les fenêtres orientées au sud permettrons de faire entrer plus de chaleur que les pertes à travers celles-ci… ce sont donc des chauffages !

-Les fenêtres orientées au nord aurons très peu d’apports solaires. Elles représentent donc une perte de chaleur !

 

En été, il faudra prévoir les ombrages nécessaires pour éviter la surchauffe. Les solutions sont nombreuses (casquettes, volets, végétation, etc.), mais il faut absolument éviter « l’effet thermos » qui rendrait le bâtiment inconfortable.

Il semble donc indispensable d’étudier chaque projet dès les premières esquisses afin de :

  • Quantifier l’impact de chacun des choix réalisés,

  • Vérifier que ces choix sont compatibles avec les objectifs visés

  • Proposer des ajustements si nécessaire 

© GEONOMIA - Tous droits réservés